Par où commencer ? Il est difficile de parler d’Alad’2 et de savoir par quel côté lancer l’offensive tant tout ce que le film entreprend est raté. Paradoxalement, on se retrouve ici dans une situation où il y a beaucoup de choses à dire sur un objet totalement dénué de substance.

Après le succès retentissant en 2015 du fameux Les Nouvelles Aventures d’Aladin, accumulant 4,5 millions d’entrées en France – ce qui, pour donner un ordre d’idée, est deux fois plus élevé que Mad Max : Fury Road –, c’est sans la moindre surprise qu’une suite fut envisagée. Une grande question se pose alors : qui est le génie qui a trouvé l’idée du titre ? Sortiront-ils un 3ladin ? On espère avoir des réponses rapidement. Bref, trêve de bavardages, rentrons dans le vif du sujet.

critique du film alad'2 avec kev adams

Ce nouvel opus reprend exactement la même structure que le premier – bien que le mot « structure » n’ait pas beaucoup de sens ici. Sam (Kev Adams) prend l’avion pour tenter de reconquérir son ex-petite amie alors quelle celle-ci est sur le point de se marier avec un autre homme. Pendant le vol, il raconte la suite des aventures d’Aladin à une hôtesse et un enfant. Comme dans le premier, cette mécanique est incroyablement mal exploitée. Premièrement, elle détruit tous les enjeux de l’histoire puisque celle-ci peut être modifiée de manière à ce que tout se déroule bien. Ensuite, le fait que Sam raconte une histoire reprenant des éléments de sa vie devrait lui servir d’éveil pour comprendre sa triste situation, mais il n’en est rien ici. En effet, Sam va quand même interrompre le mariage et repartir avec sa bien aimée, après que le mari – montré comme un homme au grand cœur – lui ait très gentiment laissé la parole.

Au delà du fait que la femme est considérée ici comme un vulgaire objet qui fait des va-et-vient entre les hommes, quel est le mérite pour Sam ? Quel message le film est-il en train de faire passer ? « Soyez un gros forceur et la femme de votre vie viendra à vous » ? Le lien entre la réalité et l’histoire d’Aladin n’existe pas, il n’y a aucune connexion. Le film n’a aucun sens. Du coup, parlons de ce qu’il se passe du côté de Bagdad…

critique du film alad'2 avec jamel debbouze

Après le personnage du grand méchant qu’incarnait Jean-Paul Rouve dans Les Nouvelles Aventures d’Aladin, un nouveau tyran fait son apparition : Shah Zaman, interprété par Jamel Debbouze. Le premier opus parvenait à peine à nous faire esquisser un ou deux petits sourires, mais quand nous avons vu que le trio de choc de la série H allait être réuni, nous partions un peu plus confiant… Que nenni ! Jamel, qui prend autant de place à l’écran que Kev Adams, si ce n’est plus, est absolument insipide. Son rôle consiste en un enchaînement de sketchs où il prend son accent arabe le plus forcé pour faire des jeux de mots, tout en essayant de draguer la princesse – il faudra subir ce calvaire pendant un bon tiers du film. Éric, dans son rôle de génie-racaille qui a un problème technique, fait peine à voir. Durant une bonne partie du film, lui et Aladin vont se téléporter dans des endroits aléatoires avant d’arriver à Bagdad – il faut bien ajouter du contenu pour que le film soit plus long. Et Ramzy, qui jouait un paysan dans le premier, est désormais un génie dont la principale occupation est de traîner au lit avec des femmes.

Voilà, vous avez là un aperçu du contenu du film et de son humour. Mais le personnage le plus attachant – et assurément le plus intéressant – reste celui joué par Jean-Paul Rouve, ce vizir dépressif qui observe comme nous la connerie de ce qu’il est en train de voir. Finalement, la seule différence entre lui et le spectateur, c’est que lui est enfermé, alors que le spectateur peut se barrer de la salle à tout moment.

Florian Perron

Alad'2 (Critique) : une idée du néant artistique
5%Note Finale

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